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Lever les freins – 3

Lever les freins – 3

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Continuons ensemble l’exploration de notre rapport au temps dans l’apprentissage.

Le temps du partage

«it takes 2 to tango»… L’expression a beau être consacrée et utilisée régulièrement, on aimerait parfois la voir un peu plus concrétisée. Quel que soit le bout par lequel on peut prendre le problème, progresser seul n’est ni réellement utile , ni souhaitable et bien souvent inatteignable. Rappelons encore une fois que dans la danse sociale, il y a le mot danse et le mot sociale… Sans le temps consacré au partage sous toutes ses formes la progression atteint rapidement ses limites.

le temps pour le/la partenaire

Au delà de la question de la progression du couple de danse constitué dans une optique plus ou moins démonstrative, chaque partenaire doit bien se rendre à l’évidence qu’en ne se concentrant que sur ses propres capacités, il limite sa progression. Le chemin de l’individu est aussi celui du couple, voire du groupe dans lequel il évolue.

À quoi bon s’escrimer à répéter des saccades sur une partenaire apeurée pendant une heure de cours ? Pourtant, c’est un spectacle assez courant. Idem pour les danseuses en mal de voleos que je vois utiliser leur partenaire de cours comme un support mobile. Cette stratégie est perdante pour chacun, elle amène au mieux un semblant de satisfaction à court terme.

Aider votre partenaire à progresser, en lui donnant du temps, de la patience, de l’attention, c’est à coup sûr gagner du temps pour le couple, et donc vous-même. Toutes choses égales par ailleurs, il y a beaucoup plus de temps à gagner dans le partage que dans les réflexions du type : «j’attends qu’il/elle comprenne le pas !» et qui se terminent souvent par un règlement de compte au vestiaire.

Il ne s’agît pas ici de se transformer en professeur de l’instant, mais à minima de donner son ressenti pour guider l’autre vers un mouvement plus juste, respectant l’inévitable intrication des énergies et qui traversent l’un et l’autre dans des espaces et directions bien définis.

Le temps pour le groupe

Dans les groupes de danseurs, et particulièrement dans les cours adultes, les vitesses d’apprentissages sont très hétérogènes. Elles dépendent de l’âge, de la condition physique, du temps de pratique et de toutes les expériences passées avant d’entreprendre la voie du tango (musique, sport, autres danses, etc…). Alors au bout de quelques mois, on voit au sein d’un cours des clans se former, des couples s’isoler. C’est le début de la bataille des ceintures noires !!!

Pour ceux qui n’ont jamais observé ce phénomène, il est assez classique dans la progression de toute discipline nécessitant un partenaire. Plus un individu acquiert des compétences dans un domaine donné, moins il existe d’autres individus à son niveau. C’est une évidence. Prenons un exemple : si j’acquiers 20000 mots de vocabulaire, converser avec une personne n’en n’ayant que 500 me paraîtra assez ennuyeux et je rechercherais alors, pour l’amour du beau verbe, des interlocuteurs maîtrisant les plus hautes subtilités de la langue de Molière.

Ramené au contexte du tango, nous voyons en milonga ou cours les individus se sélectionner entre eux selon leurs niveaux perçus ou revendiqués. Imaginez bien que tout en haut de la pyramide des savoirs du tanguero (ou de la tanguera), il n’existe plus grand monde qui «mériterait» une danse ( et c’est là qu’arrivent les «encuentros»…).

Le syndrome des ceintures noires qui sévit trop souvent dans les clubs de danse est un non-sens autant pour l’intérêt individuel que pour l’intérêt général. Sauf à avoir le temps et les finances nécessaires à parcourir le monde à la recherche des partenaires qualifiés, il serait plus judicieux de permettre à ceux qui nous entourent de gagner en compétence, à moins que la situation ne flatte votre ego…

À chaque fois que vous vous entendrez dire «je n’en peux plus de danser avec des débutants», essayez de proposer votre aide pour qu’ils ne le soient plus…

Attention : ceci n’est pas un appel à donner des cours sur la piste, il y a des lieux pour cela !!! Il ne s’agit pas non plus d’asseoir une quelconque forme d’autorité, mais bien de mettre en place une démarche sincère d’amélioration.

Le temps pour l’organisation

À plus grande échelle, nous ne devrions jamais oublier que le monde de la danse non académique est peu ou mal structuré et encadré. Il repose essentiellement sur un tissu associatif, des animateurs amateurs, et une poignée de professionnels dûment formés dont la plupart ont un statut de travailleur pauvre. Les modèles économiques de ces structures se fondent donc essentiellement sur le bénévolat.

Aider une association, en lui donnant du temps et de la compétence, quel que soit le domaine d’application, c’est promouvoir à long terme notre discipline et l’aider à évoluer en ces temps où les subsides à la culture se font rares.

Je ne compte plus les présidents d’associations et autres membres de conseil d’administration qui ont rendu leurs tabliers, éreintés par la somme des tâches à accomplir pour tenir une association à bout de bras, et dégoûtés de voir le peu de membres donner cinq minutes de leur temps pour simplement ranger une table et quatre chaises à la fin d’une milonga.

Petit rappel : une association n’est pas une entreprise. Je note au passage que la plupart des danseurs que je connais ne sont pas prêts à mettre le juste prix pour couvrir les prestations des professionnels aux tarifs conventionnels. D’ailleurs, ils ne les connaissent pas. Comparez votre budget tango aux prix de cours de musique de vos petits neveux (hors subvention) et vous réaliserez assez rapidement la distance qui sépare la danse loisir des milieux artistiques professionnels.

À retenir : 

1. On ne progresse jamais seul(e)

2. Les ceintures noires n’existent que dans l’oeil du néophyte

3. Le bal / le cours sont des espaces partagés au-delà de la danse

4. Il n’y a pas d’avenir pour le tango sans structuration ni partage

lever les freins (2)

lever les freins (2)

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Le temps de l’observation

Une des choses qui me frappe le plus dans les couples de danse que j’observe en cours est le manque de temps qu’ils se donnent à eux même, dans l’observation de leurs mouvements et postures.

Faites l’expérience de lever la tête et de regarder autour de vous une prochaine séance et scruter les modes de travail des couples participants. Bien souvent, ils sont affairés à regarder leurs pieds pour créer une séquence, puis dès que celle-ci semble « passer », il s’agit d’augmenter la cadence. Ben oui, on n’est pas venus pour tricoter…

Or, il semble bien difficile d’évaluer un mouvement que l’on n’observe pas réellement, accroché au petit bout de la lorgnette. Plutôt que de s’enfermer dans la volonté de faire, et trop souvent de faire « plus vite et plus grand », les pratiquants perdent de vue l’objectif d’être plus juste : plus confortable, plus équilibré, plus clair, plus plaisant, plus « musical », etc.

Même si les causes ont moins d’importance dans cette série d’articles que les solutions à apporter, nommons ici l’ennemi premier : l’excès de volonté de faire, le bouger à tout prix, le kilométrage… Il y va dans la danse comme dans la discussion : parfois, notre inconfort nous pousse à remplir les blancs, à discourir de tout et n’importe quoi dans le simple but de rompre un silence qui serait gênant. Et pourtant ces silences, comme l’apparente immobilité dans la danse, sont des moments précieux d’écoute, de reformulation, de pensée.

À cela, il n’y a pas d’autre remède que d’écouter son mouvement, ses intentions, d’en observer le résultat sur son corps et dans le corps de l’autre. Le simple fait de se mettre dans cet état d’observation permet bien souvent de découvrir des chaînes de problèmes en cascade. C’est bien pour cela qu’on observe trop peu !

Chaque instant que nous donnons à l’étude de la danse devrait être une observation, particulièrement des mouvements qui nous semblent triviaux, lesquels nous embarquent sur des chemins trop souvent semés d’embûches.

La question de la focale est aussi importante. Il nous faut, pour être sincère dans la démarche, prendre le temps de tout observer, de la tête au pied, chez soi et chez l’autre, des parties infimes au couple comme une bulle homogène et au-delà quand il s’agit de s’inscrire dans l’espace du bal. Cela paraît totalement rébarbatif de prime abord et pourtant, c’est un outil particulièrement puissant pour la progression, rendant tellement plus efficient le temps que l’on consacre à l’activité.

En résumé :

1. Écouter, écouter et écouter encore ce le corps à nous dire

2. Laisser faire plutôt que faire en permanence

Les freins à notre progression et comment les lever

Les freins à notre progression et comment les lever

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J’inaugure avec ce premier écrit une série d’articles destinée à aider les danseurs dans leur processus d’apprentissage. J’essaierai de les rendre aussi courts que possible pour qu’ils puissent être consultés comme des petites cartes à jouer – à danser – dans nos cheminements quotidiens.


Il y a quelques jours, quelqu’un m’a demandé : comment pourrais-tu définir ton métier en quelques mots ? Je m’en suis trouvé un peu interdit. J’aime tout de même à penser qu’une tentative de définition minimaliste pourrait, plutôt que de restreindre le champ des possibles, m’aider à donner une trame cohérente à cette nouvelle série d’articles.


«Encourager la communication des corps dans espace-temps défini», voilà la première définition qui me vient à l’esprit.


Première remarque, il n’y a ni mention du Tango en temps que discipline spécifique, ni même d’un couple, sans parler de styles musicaux ou langages chorégraphiques restrictifs. Effectivement, plus le temps passe et moins je ressens le besoin de caractériser ma pratique comme irrémédiablement liée à l’esthétique du tango argentin. Et pour cause : les outils du tango moderne dépassent de loin les frontières de sa culture d’origine et ne cessent, pour le bien et pour sa survie, de piocher dans toutes les disciplines connexes pour mieux se nourrir.


Après ces quelques lignes, j’ai l’impression de vous laisser dans une certaine obscurité, mais le mystère se lèvera à la mesure de la lecture j’espère, si vous choisissez de m’accompagner dans les semaines à venir. Au moins sait-on que nous parlerons des corps, de leurs relations, des espaces qu’ils investissent et du temps qui leur est donné, dans la danse, mais pas seulement.


Du temps


Bien que la physique nous enseigne que le temps ne peut se soustraire au concept de matière (et donc des corps et de l’espace), commençons par parler un peu de la dimension temporelle de notre danse et de son exploration, dans un joyeux fourre-tout.


Le temps qu’il nous manque et le temps que l’on se donne


Un des premiers freins à la progression que j’observe depuis que j’enseigne la danse et le peu de temps qui est donnés au travail « à la maison». À mon grand étonnement, je croise encore de nombreux adultes qui, indépendamment des objectifs qu’ils se donnent, pensent que la simple présence en milonga ou la participation à un cours hebdomadaire satisfera à terme leurs exigences. Évidemment, ceux-là font rarement de vieux os dans le monde du bal…

Sans vouloir imposer un effort d’apprentissage digne des élèves les plus zélés des conservatoires, il faut quand même que je vous rappelle ici que la mémoire est une fonction de la fréquence et de la récence de la présentation de l’information. En pratique : chaque moment sur et en dehors du parquet est une possibilité d’amélioration. Espérer apprendre une langue étrangère en une heure par semaine ne viendrait pas à l’idée de l’homme de la rue, mais quand il s’agit de discipline artistique, le sens commun semble s’évanouir.


Pour ceux qui seraient déjà convaincus de la nécessaire dédication minimale à l’apprentissage, je me vois objecter le manque de temps disponible. Pourtant, comme vous, j’ai une vie et des impératifs, cela ne m’empêche pas de mettre chaque jour un peu de tango dans celle-ci. Il y a là deux choses à se dire : d’une part, «choisir c’est renoncer !» ; pour faire de la place au tango, il faudra certainement faire le ménage dans d’autres activités ; d’autre part il n’est pas nécessaire de disposer de grandes plages de temps disponibles pour s’offrir des moments d’apprentissage.


Il est toujours plus utile de se donner un peu de temps chaque jour, même cinq minutes, que de penser «rattraper» le temps perdu dans une grande séance de travail. Un exemple flagrant concerne la question des étirements ou du renforcement posturale : à quoi bon se donner une ou deux heures  consécutives sur le sujet si dix minutes journalières vous donnent de meilleurs résultats ?


Alors, quand trouver les cinq ou dix minutes qui nous manquent quotidiennement ? Pour cela, il nous faut créer des habitudes, le mieux étant de le lier notre objectif avec une habitude déjà ancrée. Ne vous brossez-vous pas les dents deux fois par jour ? Voilà une bonne occasion pour travailler sa proprioception : brossez-vous les dents sur un pied, et pourquoi pas les yeux fermés. C’est un premier challenge qui ne coûte pas une minute. À la sortie de se premier «exercice», deux ou trois étirements globaux ne vous coûteront qu’un instant et installeront une première habitude constructive. Pourquoi ne pas utiliser les rituels du lever et du coucher pour faire de même.


Le temps passé dans les transports en commun est aussi un bon moyen d’observer le corps, la respiration. Aller chercher le pain, les enfants à l’école, faire les courses : voilà autant d’occasions d’observer sa marche, son alignement et sa relation à l’espace. Vous voyez le temps disponible n’est pas si compliqué à trouver que cela.


le temps de pratique est nécessaire, j’insiste au risque de paraître borné… Combien de stage ou de cours, dont les contenus vous ont plu, vous ont été totalement inutiles faute d’exploration dans les jours et semaines qui ont suivis. Faîtes fructifier le temps et l’argent investis et ne remettez pas au lendemain une possibilité de répéter. Vous ne le regretterez pas.


Voilà pour ce tout premier article que je vous avais promis court !  

Je vais même vous en faire une synthèse en trois phrases : 
1. Plutôt court et fréquent que long et éloigné
2. Il y a toujours des espaces disponibles
3. On ne reçoit rien sans donner


ps : ce premier article vous plaît-il ?  Dites-le moi et surtout, partagez le !

Lettre à toi, mon élève réfractaire à l’apprentissage du double rôle !

Lettre à toi, mon élève réfractaire à l’apprentissage du double rôle !

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Diantre ! Encore un article de bobo-islamo-gauchiste-libertarien-végane à la solde du lobby LGBTQIA2+… Alors déjà, oui, je suis pour le dégenrage des rôles (1,2,3… 21ième siècle, ah oui quand même hein ?) et je tente, avec certaines difficultés de faire comprendre à mes cher(e)s élèves qu’ils devraient s’intéresser un peu plus à la question du double rôle s’il veulent progresser dans ce long, mais réjouissant chemin qu’est l’étude du tango.

Attendu, mon(ma) chèr(e) élève, que tu as bien saisi qu’il est aussi utile pour la formation moderne du danseur de tango social – donc improvisé – d’apprendre des séquences par coeur que pour un dessinateur de réaliser des peintures au numéro, l’exploration de ton tango te ramène irrémédiablement à la question d’une communication efficace à deux corps silencieux.

Pour cela, tu as nettoyé tes mouvements, rechercher l’organicité, explorer la question de ta relation au sol, les rythmes, différencier tes déplacements et guidages, expérimenter les différents niveaux d’attentions, d’abrazo, d’énergie, appris à laisser du temps à ton partenaire. Bref tu as déjà parcouru un sacré bout de ce chemin, sans fin, qui t’amène à mieux partager et interpréter la musique à deux.

Tu cherches à concrétiser ce dialogue à deux corps qui nous est si souvent vanté, mais se limite trop souvent à une communication à sens unique… Merci de m’accompagner dans cette voie ! Pourtant, quand je t’ai suggéré de changer de rôle pour comprendre ce qu’il se passe de l’autre côté de l’abrazo tu m’as regardé d’un air goguenard(e) et tu m’as répondu d’un diplomatique «oui, plus tard !»

Tu as entendu parler des notions de guidage en retour ou de double guidage, ça t’intéresse, tu te dis que peut-être il y a là une étape, une solution à cette frustration de ne pas atteindre LA connexion, mais quand même… J’imagine que pour toi, changer de rôle, c’est l’impression de repartir de zéro, de régresser peut-être sur tes acquis et d’être étiqueté dans ce milieu -si bienveillant !- de la milonga. Alors mon petit agneau (oui c’est comme ça que je vous appelle), laisse-moi de dire encore à quel point ce choix pourrait changer ta danse à mes yeux.

Ma première objection à ton refus est théorique, comment un danseur s’investissant avec un minimum de sérieux peut continuer at vitam eternam à se limiter à la seule compétence d’encodage d’une information (le rôle primaire du guide), ou du décodage de celle-ci (rôle primaire du suiveur) dans la conception traditionnelle du couple de danse et prétendre comprendre pleinement un processus de communication ?

Plus pratiquement, n’as-tu pas vu au dernier bal ces guides marionnettistes qui poussent la manipulation de leur partenaire à l’extrême, faisant pâlir de jalousie un déménageur agréé déplaçant son armoire normande ? Penses-tu que si une seule fois au moins ils avaient vécu cela de l’autre côté de l’abrazzo, ils pourraient encore guider ainsi ? Dans une mesure moins caricaturale, un danseur qui aurait eu à subir un guide qui ne laisse aucune place, aucune autonomie, aucune interprétation pourrait-il ensuite revenir à pratiquer un tel monologue ? Plus simplement encore, est-ce que l’échange de rôle ne te permettrait pas d’identifier les mouvements qui «grattent un peu» ?

Ne serait-il pas utile à une personne habituellement guidée de prendre la mesure des possibles initiatives que lui laisse un guide, de la diversité des guidages, de l’adaptation permanente aux corps, aux caractères, bref aux individualités et d’être active dans un rôle trop souvent cantonné à la décoration. Voilà pour les aspects pédagogiques.

Tu pourrais aussi être maître de ton bal, libéré des contingences de la parité. Libre aussi de choisir selon ton humeur. Trop de guides, de guidé(e)s, envie de lâcher prise, et hop, changement de rôle et c’est reparti. Qui n’a pas passé une soirée à faire tapisserie en bal lève la main !!!!

Alors oui, ce travail requiert quelques efforts et l’humilité de repartir «d’en bas», mais quels facteurs de progressions s’offrent à nous dans cette nouvelle voie ! Quel bonheur d’avoir la sensation de devenir un danseur complet ! De passer en quelque sorte à un rendu stéréophonique, de commencer à toucher de doigts un véritable dialogue, empathique.

Et le plaisir bon sang !!! , par ce qu’à la fin, c’est aussi de cela que l’on parle. Est-il inconcevable de prendre du plaisir dans cet univers si éloigné qu’est l’autre rôle, pourtant distant d’un abrazo. Si proche, si loin… Allez, tente le coup, persévère, tu verras qu’il y a tellement de choses à découvrir et de moments à partager.

Et puis, un jour peut-être, au hasard d’un bal, tu rencontreras ce partenaire avec qui les rôles s’effaceront, ou les propositions s’échangeront, sans convention ni prérequis.

Et tu seras un tanguero, une tanguera, mon petit agneau.

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