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Le temps de l’observation

Une des choses qui me frappe le plus dans les couples de danse que j’observe en cours est le manque de temps qu’ils se donnent à eux même, dans l’observation de leurs mouvements et postures.

Faites l’expérience de lever la tête et de regarder autour de vous une prochaine séance et scruter les modes de travail des couples participants. Bien souvent, ils sont affairés à regarder leurs pieds pour créer une séquence, puis dès que celle-ci semble « passer », il s’agit d’augmenter la cadence. Ben oui, on n’est pas venus pour tricoter…

Or, il semble bien difficile d’évaluer un mouvement que l’on n’observe pas réellement, accroché au petit bout de la lorgnette. Plutôt que de s’enfermer dans la volonté de faire, et trop souvent de faire « plus vite et plus grand », les pratiquants perdent de vue l’objectif d’être plus juste : plus confortable, plus équilibré, plus clair, plus plaisant, plus « musical », etc.

Même si les causes ont moins d’importance dans cette série d’articles que les solutions à apporter, nommons ici l’ennemi premier : l’excès de volonté de faire, le bouger à tout prix, le kilométrage… Il y va dans la danse comme dans la discussion : parfois, notre inconfort nous pousse à remplir les blancs, à discourir de tout et n’importe quoi dans le simple but de rompre un silence qui serait gênant. Et pourtant ces silences, comme l’apparente immobilité dans la danse, sont des moments précieux d’écoute, de reformulation, de pensée.

À cela, il n’y a pas d’autre remède que d’écouter son mouvement, ses intentions, d’en observer le résultat sur son corps et dans le corps de l’autre. Le simple fait de se mettre dans cet état d’observation permet bien souvent de découvrir des chaînes de problèmes en cascade. C’est bien pour cela qu’on observe trop peu !

Chaque instant que nous donnons à l’étude de la danse devrait être une observation, particulièrement des mouvements qui nous semblent triviaux, lesquels nous embarquent sur des chemins trop souvent semés d’embûches.

La question de la focale est aussi importante. Il nous faut, pour être sincère dans la démarche, prendre le temps de tout observer, de la tête au pied, chez soi et chez l’autre, des parties infimes au couple comme une bulle homogène et au-delà quand il s’agit de s’inscrire dans l’espace du bal. Cela paraît totalement rébarbatif de prime abord et pourtant, c’est un outil particulièrement puissant pour la progression, rendant tellement plus efficient le temps que l’on consacre à l’activité.

En résumé :

1. Écouter, écouter et écouter encore ce le corps à nous dire

2. Laisser faire plutôt que faire en permanence

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