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Ne vous êtes-vous jamais retrouvé dans un bal tango, dans un état de calme intense où chaque mouvement ,même les plus virtuoses,coulent d’eux-mêmes ? Parfois vos mouvements, ceux de votre partenaire et la musique sont naturellement associés que rien d’autre n’existe. Si ce n’est pas (encore) le cas, je vous le souhaite, si vous avez déjà vécu ces instants ne vous êtes-vous pas interrogez sur la magie de ce moment ?

Il y a quelques jours, j’ai retrouvé le bonheur de cette sensation, cela ne m’était pas arrivé depuis quelque temps. Y songeant, il m’est revenu à l’esprit cette lecture de jeunesse : Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc, le voyage initiatique d’un étudiant et philosophe qui l’amènera à expérimenter la sensation d’être à la fois l’archer, la flèche et la cible. Méditant peu assidu (très peu !), car peu enclin à l’immobilité, je me suis alors interrogé sur la relation entre le tango et la méditation. J’avais déjà entendu parler de la marche en pleine conscience, une forme de méditation du Zazen, mais je ne me doutais pas que des études rapprochaient autant les effets de la médiation et de notre danse.

Depuis des années, les cultures de par le monde ont utilisé la méditation pour calmer l’esprit et entrer dans des états non seulement psychologiquement bénéfique, mais aussi physiquement bénéfique. À mesure que les scientifiques apprennent de plus en plus sur le fonctionnement de notre cerceau, il est devenu apparent que la pratique du tango rioplatense puisse mener au même état mental expérimenté par les personnes qui méditent de manière régulière. Plus le danseur est expérimenté plus facilement il pourra entrer dans ces états et plus profondément.

Tango et méditation : des effets comparables

Une expérience, présentée par la U.S. National Library of Medicine, a étudié comment le tango argentin s’avère aussi efficace que la méditation en pleine conscience dans la réduction des symptômes liés au stress, à l’anxiété et à la dépression. La méditation en pleine conscience peut se définir comme une méditation où une personne est attentive à son propre état de méditant, par opposition à d’autres formes de méditations qui inclus la transe, les psalmodies, ou des états comparables au sommeil.

Pour cette expérience, 97 personnes avec des cas de dépression ont été aléatoirement affectées à un cours de tango, un cours de méditation, ou aucune activité pour former un groupe de contrôle. La conclusion de cette étude était qu’à la fois la méditation et le tango pouvaient être utilisés efficacement comme traitements complémentaires de la dépression et de la gestion du stress.

Le cerveau du tanguero comparable à celui du méditant

Une seconde étude réalisée à St. Mary’s College of California a amené ce concept un pas plus loin et a mesuré l’activité cérébrale des danseurs via un électro-encéphalographie. Les électrodes étaient attachées au scalp des danseurs et utilisait des volontaires pour le groupe de contrôle.Cette étude a noté que les danseurs de tango reposaient sur une concentration interne et une attention comparable aux praticiens de la méditation en pleine conscience. De plus, une personne pouvait non seulement réduire son niveau de stress, mais aussi accroire ses capacités cognitives (ce dont nous avons déjà traité ici).

À mesure que l’esprit se détend, le cerveau entre dans un état d’accroissement d’activité des ondes alpha. Ces ondes sont particulièrement présentes dans les états méditatifs et le sommeil. Elles occupent une grande proportion de l’activité du cerveau et se concentrent sur les aires frontales du cerveau. Si l’activité continue, le cerveau peut alors entrer dans le domaine des basses fréquences et l’on observe l’apparition de motifs d’ondes thêta et delta par exemple. Cette étude démontre aussi que les danseurs de tango les plus expérimentés affichent un état alpha plus puissant comparé aux autres groupes. À l’instar du groupe de méditants, plus le danseur est expérimenté, plus il est capable de rentrer dans cet état de détente.

Enlacement, marche et méditation

D’autres formes de méditations sont aussi comparables à certaines de nos activités de danseur. J’ai l’habitude de commencer mes initiations par un « câlin » soutenu entre partenaires. Très clairement, il a été observé par de nombreuses études que se prendre dans les bras augmentait notre taux d’ocytocine (hormone de la collaboration) et sérotonine (notamment antidépresseur). Au-delà d’amuser le groupe, parfois un peu soucieux à l’idée d’apprendre une nouvelle danse, cela crée clairement un état de détente collective. Je suis assez étonné de voir que cette pratique a été aussi recommandée dans la tradition bouddhiste.

Pour terminer cet article, revenons un instant sur la tradition de marche méditative zazen dont je vous parlais en ouverture du présent article. L’attention permanente à la posture, à la verticalité (l’axe), à la respiration. Tout cela ne vous interpelle pas ? Je pense qu’en dehors des anecdotiques séquences de figures, ce sont les trois points que je m’entends répéter chaque jour à mes élèves… de tango.

Sources : www.researchgate.net ; www.brainpickings.org ; www.cles.com ; www.huffingtonpost.fr



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